MG4 : Objectif Mongolie

J’ai hésité à écrire cet article. J’ai un peu eu la page blanche, je ne savais pas par où commencer. Mais j’y tenais. On dit toujours aux gens qu’on rencontre sur la route qu’on va garder contact, qu’on va s’envoyer les bons plans, ses livres dont on a parlé, les conseils pour telle ou telle ville. Mais on ne le fait jamais, on oublie souvent. Mais avec eux non bizarrement.

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Sandra et Guenter, je ne leur ai pas demandé leurs âges mais proche de la quarantaine je dirais, sont Allemands. Ils vivent à Munich. Ils sont ensemble depuis plusieurs années mais vivent séparément. Lui travaille pour la partie moto de BMW, il  construit des plateformes pour améliorer l’expérience utilisateur. Mon frère se ferait un plaisir de parler UX avec lui… Son poste, il le retrouvera en rentrant. Elle non, elle a quitté son boulot de RH dans une start-up pour partir. Aujourd’hui, elle ne sait pas encore ce qu’elle fera quand elle rentrera.

Ils sont partis il y a quelques mois déjà. Leur première escale était la Géorgie. Puis ils ont traversé une partie du  Moyen Orient jusqu’à la Mongolie. C’était leur objectif, leur point final vers l’Est. Ils y sont. Etonnement pour eux, l’excitation du voyage à quelque peu disparue. Ne vous méprenez pas, ils sont heureux d’être là, mais après quatre mois de paysages splendides et de rencontres, ils sont… essoufflés disons et n’ont pas l’impression de l’apprécier pleinement. Moi après deux semaines en Mongolie, j’avais  déjà besoin de digérer cette immensité. J’avais hésité à me rendre à Pékin plus tôt et puis j’ai pris quelques jours de repos à Oulan-Bator et l’envie est revenue. Ne pensez pas que voyager ne se réfléchit pas, quatre mois, ce n’est pas des vacances de deux semaines, c’est un bout de vie qu’on décide d’organiser autrement. Pour Sandra, ce voyage est un certain challenge avec elle-même. Pour Guenter, il est dénudé d’objectif, juste l’envie de profiter et de découvrir. J’ai un peu de mal à imaginer ce concept au début, mais peut-être qu’au final, je le comprends très bien. Je pause seulement mes milliers de questions pour bien cerner le personnage, saisir ce détail que je cherche chez les gens, qui décrochera ce sourire entendu. J’aime bien aller toujours plus loin dans ces conversations et trouver leurs réponses à ce pourquoi insatiable.

Je les ai rencontrés à un festival d’aigles dans l’Ouest du pays. J’y suis allée avec un couple d’Allemands et un Polonais. Mais mes compagnons de taxi n’étaient pas les plus à l’aise en anglais et moi l’allemand, il faut que je m’y mette sérieux avec tous ces voyageurs que je rencontre. Ils sont partout ! Bref, j’ai rencontré Sandra et Guenter à ce festival, leur anglais était bon et on a passé la journée à observer la danse des aigles, les jeux nomades et à essayer de comprendre ce qui se passait. C’était vraiment un beau moment. J’étais émerveiller par les ailes des aigles, si grandes. Je trouvais les habits traditionnels en peau de bêtes des Kazaks magnifiques. C’était une journée très différente des autres, une vraie immersion dans la culture, une ouverture à un monde inconnu. En fait, c’était une journée émouvante. Je ne me lasse pas de cette proximité avec les animaux, ces chevaux qui vous frôlent, ces aigles posés dignement sur ces bras puissants. D’un point de vue « organisatrice d’événements » par contre, on a tout faux : ils ont commencé avec deux heures de retard, aucune organisation et aucune sécurité mise en place. Bienvenue en Mongolie et en vrai, c’est tellement bien ! Je crois qu’on apprécie encore plus le moment.

Eux aussi ils m’ont donné envie d’aller au Moyen-Orient (#IlFautQueJ’arrêteAvecCetteListeDePaysJeN’aiPlusDePlaceSurLaFeuille). On s’est retrouvé dans un resto turc la nuit suivante. On s’est un peu fait virer à 22h, je crois qu’on y serait encore sinon. Ils font partie de ces gens avec qui je pourrais parler pendant des heures, passant d’un sujet à l’autre en une question, laissant en suspens pleins de conversations. Je trouve que c’est un couple intrigant, différent. Ils ont une manière différente de s’aimer. On le voit dans ses yeux à elle. On l’entend de sa bouche avec lui. Après cette soirée, on ne se sera pas recroiser, mais on aura gardé contact. On a échangé des bons plans et vécu une soirée en « bluetooth », moi dans le bar de jazz Fat Cat à Oulan-Bator et eux dans un bar de mixologie à Irkoutsk en Russie. Alors rencontrez, échangez, parlez, écoutez-vous et, comme eux,

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