MG3 : Le Far Ouest

« Quand est-ce que tu penses aller dans l’Altaï ? » Bonne question, je me la pause aussi cette question. Je viens de rentrer de 12 jours de tours, je suis fatiguée, j’ai un trop plein de paysages magnifiques à digérer, j’ai des copines ici que je n’arrive pas à quitter (cf. article : MG2 : Francophones). Et si j’allais direct à Pékin ? Bref quand elle me pose la question, je ne sais pas ce que je veux.

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Karbaï et Sophie, devant le glacier Potanin

Sophie, 23 ans, Hollandaise, est étudiante en anthropologie. Elle est la petite dernière de la fratrie. Elle vient d’avoir sa licence et s’octroie quelques mois de vacances. Ce n’est pas la première fois qu’elle fait ça. Elle a déjà fait l’Asie du Sud-Est il y a quelques années. Elle est arrivée il y a trois semaines en Mongolie et réalisé un volontariat dans une agence offrant des tours à cheval. Mais maintenant elle veut partir explorer ce beau pays.

Elle a choisi de partir dans l’Altaï, dans le Far Ouest du pays, dans les montagnes. Elle avait l’idée de passer la frontière et se rendre au Kazakstan, mais il faut obligatoirement passer par la Russie ou la Chine et elle n’a pas de visa. Elle a pris le bus de 30 heures pour rejoindre cette région. Je l’ai imité quelques jours plus tard. On a fait un festival d’aigle chacune de notre côté et on s’est retrouvée pour organiser un trek de quelques jours. Aucune de nous n’est assez téméraire pour partir avec la tente seule dans les montagnes, alors on est passée par une agence et on est partie avec un chauffeur arpenter le Parc National Altaï Tavan Bogd pour six jours.

En six jours, nous avons regardé l’automne s’en aller le coeur léger et faire place à l’hiver sans fin. Six jours d’émerveillement, à répéter que ces pins orange sont magnifiques, à faire la danse du soleil après un gros nuage de neige fondue, à pester contre ce vent glacial, à regarder les températures chutées, à partager des moments en famille avec des nomades une dernière fois, à essayer de comprendre ce que notre chauffeur pouvait bien essayer de nous dire, à fixer cette terre enneigée, a imaginé ce glacier plus qu’on ne l’aura réellement vu… C’est beau la neige. On le voulait notre jour de neige, mais il nous a suffit à lui tout seul. Faire un tour à deux, c’est différent d’un tour à six. On n’avait pas l’impression que ce tour était organisé : cette fois-ci, nous avions pris notre propre bouffe et décidions jusqu’où nous voulions marcher. Plus de liberté, plus calme mais toutes aussi fatiguées à la fin. On aura pris le temps de lire et de jouer aux cartes, de boire de la bière et d’échanger sur nos expériences en Mongolie et dans le reste du monde.

Comme dit la chanson, « Adieu, aux arbres mouillés de septembre, à leur soleil de souvenirs ». Les arbres sont presque gris maintenant, il est donc temps pour nous de repartir vers la capitale et de préparer la suite. Les Philippines sous la pluie pour elle et l’empire chinois pour moi.

Et c’est reparti pour 30 heures de bus…

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