BA7 : I’ll be Back in BA

On m’avait dit : « Te poses pas trop de questions. Prends ton CV et toques aux portes. » J’avais décidé de faire un volontariat en auberge en Argentine. Le principe : on bosse quelques jours par semaine contre hébergement et petits dej’. Avouons-le, l’avantage d’un volontariat, c’est de rester gratuitement au même endroit. Ma deuxième raison, c’est de rendre aux voyageurs ce que certains m’avaient donné. Ces moments d’échange, ces conseils, ces bons souvenirs. Je ne me voyais pas être une vraie voyageuse sans jamais être passée de l’autre côté du comptoir. Et puis au final, c’est une expérience professionnelle comme une autre.

Après avoir envoyé un bon nombre de demandes via le site Workaway restées sans réponse, me voilà, mon deuxième jour à Buenos, mon CV à la main, sous la pluie, déprimée et regrettant le soleil de Rio, à frapper aux portes des auberges. Si on m’avait dit qu’un jour je chercherais du boulot ainsi, j’aurais eu du mal à le croire. Je l’aurais peut-être même pas fait. Mais j’ai laissé ma timidité de côté, mes appréhensions de rejet et j’ai enfilé mon plus beau souvenir. C’est une technique plutôt efficace et de toute façon, tout le monde le fait ici.

Me voilà dans le quartier de Palermo, le quartier que l’on m’a recommandé. Je suis devant une maison rouge, à côté d’une maison orange. C’est au moins la quinzième à laquelle je rends visite. Je cherche l’entrée. C’est vraiment une auberge ? Je tente ou pas ? Bon aller, je sonne. Un mec, à peu près mon âge en sort et prend mon CV. On discute un peu. Il est sympa. Voilà comment j’ai rencontré Nico, mon boss pour les cinq mois suivants, proprio depuis quelques années de cette auberge, qui est devenue ma maison. Nico a mon âge, il est Argentin. Je ne sais pas pourquoi je l’appelle mon boss car l’auberge fonctionne grâce aux volontaires et aux employés, pas vraiment grâce à lui. C’est ce que j’ai appris avec les Argentins : ils ne savent pas bien ce qu’est ‘manager’ et si tu ne poses pas de questions, ils ne chercheront pas à t’enseigner. Tu veux quelques choses ? Prends-le. Tu veux améliorer les choses ? Fais-le. Il manque quelque chose ? La caisse est là, achète-le. Ça a ses bons côtés, plus de liberté, et ses mauvais, aussi.

L’auberge est cool et pas trop grande avec seulement 3 dortoirs et 6 chambres privées. Je bossais une moyenne de 20h par semaine, contre un lit dans un dortoir. Moi qui ai tendance à aimer la solitude et la tranquillité de mon chez-moi, je l’ai très bien vécu. Il y a des roomates plus faciles à vivre que d’autres. J’avais parfois des difficultés à accéder à mon lit :p Elle m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes, des voyageurs, certains avec lesquels j’ai toujours contact. Mais aussi des collègues. Des amis.

  • Trevor, mon gringo préféré (BA8 : Hermanito)
  • Antony et Nelson, deux frères du Salvador, depuis plusieurs années déjà sur Buenos. L’un fait des études d’édition et l’autre d’art plastique. L’un bosse de jour, l’autre de nuit. Je pouvais écouter Antony pendant des heures parler de bouquins, de droit, des différences entre les cultures, les langues et autre. Il est plus jeune que moi, mais c’est une encyclopédie. Je m’asseyais au comptoir et j’écoutais Père Castor. Pendant des heures. J’espère participer à la traduction d’un de ces contes, un jour.
  • Marc-Antoine, 25 ans, Québécois, volontaire pour trois semaines. Toujours prêt à aider. Beaucoup d’humour. Noir surtout. Un amour. Beaucoup de longues conversations et de questionnements partagés. Beaucoup d’alcool, aussi. Quand il est parti, Trevor et moi le cherchions dans la cuisine… Mais un jour, on ira au pays du Tabernacle pour le revoir #EncoreUneRaisonD’allerAuCanada
  • Emma, 22 ans, Française, ma remplaçante en quelque sorte. Après un Master de droit et des échanges au quatre coins de la planète, elle tente l’aventure PVT en Argentine. On aura passé peu de temps ensemble au final, mais si Buenos ne la retient pas longtemps, y a moyen qu’on se retrouve sur la route…
  • Jesus, mais il se fait appeler Alex, 19 ans, Vénézuélien, et déjà pas mal de voyages au compteur. Quand j’ai vu son CV, j’ai dit à Nico : « C’est un fake, il a fait trop de trucs pour son âge. » Et bien non, j’avais tort. C’est un mec extra-sociable, toujours partant pour sortir ou discuter. Réceptionniste dans une auberge, ça lui va comme un gant.
  • Et Ruben… BA5 : 70% de chocolate

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Grâce à eux, j’aurais appris un métier, j’aurais appris que je peux vivre dans une maxi-colloque, que je ne suis définitivement pas une fêtarde, que c’est hyper agréable de rentrer et d’avoir quelqu’un avec qui parler dans la cuisine, que c’est fatigant parfois de vivre dans une maxi-colloque. J’aurais appris à passer d’une langue à l’autre sans aucune difficulté, à lutter contre des punaises de lit, qu’il y a différents types de voyageurs, certains me ressemblent plus que d’autres, que je préfère vivre avec certaines cultures plus que d’autres, que ça ne sert à rien de se plaindre, qu’il faut juste résoudre ce qui te déplait. Cette auberge, elle s’appelle Back in BA.

Peut-être qu’un jour, je serai Back in BA

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