BA10 : La puerta mágica

Je pousse la porte de mon énième café/bar/restaurant de Palermo. Tient c’est mignon ici, ça fait un peu Européen. Bel espace. Beau potentiel événementiel. Je me tourne vers le barista. « Hola, soy francesa y estoy buscando a un trabajo como mosa. Nececitan a alguien ? » « Salut, moi aussi je suis Français. »

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Florian, on vient de fêter ses 30 ans, Français donc, humoriste de chaque instant, un nom Basque mais ayant passé son enfance à Nice avant de bosser à Paris, ancien membre de la famille des marketers et à présent propriétaire du Café Flor dans le quartier de Palermo. Il a posé ses valises à Buenos il y a deux ans et demi avec un visa PVT et a décidé, il y a un peu plus d’un an, de monter le premier café-coworking de la ville. Rien que ça ! Nan parce qu’en Argentine, faudrait décerner des prix à ces gens-là.

Mais c’est quoi un café-coworking ? (#ceciN’estPasDeLaPUB)

Les espaces de coworking existent déjà en tant que tel. On y vient pour travailler, se réunir, échanger, etc. Ici on paye au temps que l’on reste, et non ce que l’on consomme. A dispo : café, thé, chocolat, boissons fraiches et petites pâtisseries en libre service. Le concept qui se rapproche le plus du café-coworking, et qui est également l’un des plus connus en Europe, est celui de l’Anticafé. Concept que j’avais rencontré quelques années auparavant en Russie et où j’y ai passé la majorité de mes dimanches aprem, à jouer aux jeux de société. Je viens de me rappeler que j’ai postulé chez eux aussi avant de partir. La particularité de Café Flor, c’est que la machine à café est remplacée par une VRAIE machine, avec un grain de qualité qui nous vient du Nicaragua. Le café est fait avec amour par trois baristas, Florian, Baptiste et Vale. #IciOnNeRigolePasAvecLeCafé

Bref j’ai poussé la porte du Café Flor. Ils n’avaient pas besoin de serveuse. Flo m’a payé le café, on a discuté et je suis repartie en laissant tout de même mon CV « on ne sait jamais, si t’entends parler de quelque chose ». Une semaine plus tard, j’avais un petit mail dans ma boite : « On aurait besoin de quelqu’un pour la com’ et l’événementiel du café, ça t’intéresse ? Tu peux nous faire une prés’ vite fait sur le marché et comment tu vois les choses ? » Autant vous dire, que j’y ai bossé sur cette prés’ ! Un peu que je voulais ! Je suis donc passée devant mes deux nouveaux « clients », Baptiste et Florian, une semaine plus tard. J’ai dû les convaincre puisque j’avais un « OK GO » 2h après.  🙂

Voilà comment, après avoir trouvé un volontariat, j’ai obtenu un travail à Buenos Aires : en poussant une porte. Ça marche vraiment bien cette technique ! C’est certainement l’une des plus belles portes que j’ai poussé dans cette ville. Je n’y allais pas seulement parce que je ne payais pas le café, que le WIFI était bon ou que c’était mon lieu de travail. J’y allais parce que j’y ai rencontré 3 amis.

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Vale, 20 ans, barista, la seule Argentine du staff + a un succès fou avec les garçons. J’ai arrêté de compter le nombre de mecs qui sont venus me voir, me demandant : « Waaah elle est mignonne, elle a un mec ? ». Non et ça fait seulement quelques semaines, mais elle a un sacré caractère. Elle est adorable et la seule chose que j’avais envie en la voyant, c’était de la prendre dans mes bras « esta niña ». Signe particulier : elle est imbattable au rubis cube. Elle m’a offert un pins en partant contre un pantalon qu’elle adorait, « son nouveau préféré » ou plus communément appelé « de grand-mère ». Nos conversations me manquent, déjà.

Les dernières semaines sur Buenos, je suis devenue son assistante derrière le bar. Elle m’apprenait les gestes du barista contre des cours d’anglais. On n’aura pas fait beaucoup de cours d’anglais mais j’aurais été fidèle à la machine tous les jours… avec plus ou moins de réussite. Un jour je l’impressionnerai vraiment avec mon arte latte. Et elle ne fera plus de « waaaah », juste pour me faire plaisir.

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Au début, ils m’ont embauché pour la partie événementielle, pour remplir les deux salles de réunions, et pour la com’. Alors oui, on aura organisé la première compétition d’Aéropress du pays (#etouaismec). Ce fut un beau succès, une centaine de personnes sont entrées dans le café. Paris réussit donc : au bout de six mois d’ouverture et un événement, Café Flor est reconnu dans le monde du café de spécialité de la ville. Et ça, j’y tenais en arrivant. Entre autre, j’aurais fait des ‘relations publiques’. J’ai pris mon plus beau sourire et j’ai sillonné les rues de la ville, entrant dans les différents cafés de spécialité, buvant un café et invitant les baristas à tester notre espresso. Je me suis fait pleins d’amis comme ça, mais Alvaro (BA9 : la City est Full) m’aura bien aidé sur ce coup-là. Niveau marketing, c’était surtout de la base de données sur Excel. C’était peut-être la majorité de mon travail au final. Mais quand on en vient à parler d’Excel, j’étais loin d’être la meilleure.

Baptiste, 30 ans, Bauti de son surnom car imprononçable en espagnol ou en anglais, du Nord, architecte technique de formation (=ingénieur télécom), passionné de Powerpoint et d’Excel entre deux cafés, et le partenaire de Flo dans cette aventure. C’est le perfectionniste de l’équipe. Même après six mois d’ouverture, il est toujours aussi tendu en amenant un café. Après plusieurs voyages, il est également arrivé en Argentine en PVT. Il y a maintenant bientôt deux ans qu’il a quitté Paris.

Bauti et Flo se sont rencontrés à Buenos. Ils bossent ensemble. Ils passent leurs soirées ensemble. Ils ont les mêmes amis. Ils explosent de rire à leurs private jokes les samedis à 2h du mat’. Ils vont boire des bières après le boulot, souvent que tous les deux. Et même le seul jour où ferme Café Flor, le dimanche, ils font du foot ensemble. (#NonIlsneViventPasEnsembleEtNeSontPasGay) J’ai eu beau les embêter pendant trois mois pour qu’ils sortent du café, ou les charrier sur le fait qu’ils passaient trop de temps ensemble, je crois aussi, et surtout, que c’est pour ça que Café Flor fonctionne aussi bien. La ‘onda’ de Café Flor est unique et je ne suis pas la seule à le dire. Ils ont leur propre manière de fonctionner, leur organisation, leur humour et leur vision de leur bébé.  Malgré leur expérience égale à 0 en gastronomie ou en gestion de business, ils ne se prennent pas au sérieux. Ils ont tous les deux la même envie de réussir, la même dynamique, contagieuse et passionnée. Ils y croient. Vale aussi. Et j’y crois aussi, encore. Mais Flo m’avait demandé de critiquer ‘avec mon regard extérieur’, alors je le faisais.

La première fois que je suis entrée dans le café, il n’y avait personne. Aujourd’hui, il y a toujours quelqu’un. J’aurais voulu les aider plus. J’aurais voulu rester et continuer de faire partie de cette équipe « de puta madre ». J’ai hésité. J’ai un petit goût d’inachevé dans la bouche. Je n’aurais jamais cru que pousser la porte de ce café que je n’avais jamais vu, alors que je passais devant très régulièrement, aurait pu m’ouvrir une si belle opportunité professionnelle, mais aussi, une belle amitié. Le projet est beau, et ses bâtisseurs géniaux. Ils sont la raison pour laquelle je suis restée aussi longtemps sur Buenos. Grâce à eux, j’ai pleins de choses à ajouter à mon CV : designer de salade, reconversion d’un café en speak easy, peintre d’aéropress ou camera(wo)man live Instagram. Donc oui, Café Flor m’a beaucoup apporté et à définitivement, comme le café,

Changé ma vie

#MercipourVotreConfiance

 

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