AMY #3 – Buenos Aires Avec Mes Yeux

Buenos Aires. Cinq mois de ma vie. Par où je commence ?

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Je pourrais commencer par vous parler de ce soleil magnifique. Je pourrais vous parler de cette pluie, rare mais intense. Je pourrais vous parler de ce taux d’humidité qui vous transperce en hiver. Je pourrais vous décrire cette ville plutôt grise, mais pleine de parcs verts magnifiquement entretenus, un paradis pour les joggeurs. Je pourrais vous parler de Recoleta, un quartier plutôt chic avec quelques immeubles Haussmanniens. Non Recoleta n’est pas le petit Paris les amis, mais en a des traces indéniables. Je pourrais vous parler de cette ville au bord du Rio de la Plata, aux eaux troubles sans or et où les plages sont quasi-inexistantes. Je pourrais vous parler du quartier Once, un marché à ciel ouvert où vous trouver tout pour rien. Je pourrais vous parler de cette ville où il faut éviter certains quartiers la nuit, mais comme partout en fait. Je pourrais vous parler de Palermo, le quartier de la nuit, des resto et du street art. Le quartier où je vivais. Le quartier où je travaillais. Le quartier d’où j’avais du mal à sortir. Le quartier où tout est à porter de main. Une vraie ville dans la ville. Ici on oublie qu’on est en Argentine. On oublie souvent la dure réalité économique. On oublie le bruit des grèves et des protestes qui rythment le centre. Car oui ici, c’est compliqué. Le peso est constamment dévalué. Le travail au black un quotidien, l’avortement encore illégal, l’organisation un concept nébuleux, l’administration et les process, chaotiques.  (#JeNeMePlaindraiPlusDe l’AdministrationFrançaise)

Je pourrais commencer par vous parler de ces gens, les Porteños. Une bonne majorité ont du sang italien. Ils sont très vivants, parlent fort, avec leurs mains, râlent et se plaignent, de leur gouvernement surtout, de leur pays. Ils ont le sang chaud. Ils ont le coeur chaud.  Je pourrais vous parler de leur accent, un défi de compréhension quand on arrive, de leur grammaire, à en faire saigner les oreilles des Espagnols. Mais après cinq mois, même moi je prononce le double L ‘ch’, et le ‘tú’ a fait place au ‘vos’. Ils ressemblent physiquement aux Européens. Combien de fois j’ai cru croiser des Français, de par leur physique ? Combien de fois je me suis trompée ? Mais Buenos est aussi remplie de Vénézuéliens, de Colombiens, de Chiliens, de Brésiliens, de Péruviens… Ils sont venus chercher de meilleures conditions de vie ou de meilleures universités. Buenos est dynamique, c’est indéniable et pour certains, faire partie du Mercosur, les aide pour obtenir un visa de séjour. C’est plus dur pour les Européens. Pour une fois.

Je pourrais vous parler de Buenos, de cette ville cosmopolitaine, comme Barcelone, comme beaucoup d’autres grandes villes. Je pourrais vous parler de la vie des Porteños. Ils sortent beaucoup. Ils ne mettent pas d’argent de côté, ils ne peuvent pas. Et ils ne savent pas comment sera fait demain alors, ils en profitent. Ils ont un salaire pour vivre aujourd’hui, mais pas demain. Malgré l’augmentation des prix, et pas des salaires, ils sortent, ils dansent, ils critiquent, ils boivent, ils profitent. Ils regardent l’Europe avec des envies de stabilité. L’Argentine est plus moderne que d’autres pays d’Amérique Latine, mais on est loin de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, on l’oublie souvent, parfois.

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Je pourrais aussi commencer par vous parler de ces baby-sitter pour chiens qui promènent des hordes de 15. Résultat, les trottoirs sont minés. Mais ce n’est pas la seule chose à éviter sur les trottoirs : certaines dalles ne sont pas scellées. Si vous marchez dessus et qu’elle est pleine d’eau, vous ragerez toute la journée. Baptise les a surnommer les dalles sauteuses et il les haie ! (BA10 : La puerta mágica) Je pourrais vous parler de ces pizzas dont ils sont tant fiers. Elles font le triple d’épaisseur d’une pizza napolitaine et sont ensevelies de fromage, mais rien de mieux en soirée. Je pourrais vous parler du maté, une institution. Je pourrais vous parler des empanadas, en forme de chaussons aux pommes, mais salées. Elles sont aux légumes, au jambon-fromage, aux oignons, au roquefort. C’est addictif ce truc-là. Je pourrais vous parler du Fernet-Cola. Le Fernet est un alcool italien mais ils en raffolent, à croire que ça vient d’ici. Je vous l’ai dit, ils sont majoritairement de descendance italienne. Je pourrais vous parler du dulce de leche, la confiture de lait qu’ils mettent dans chaque pâtisserie. Je pourrais vous parler de ces fenêtres simple vitrage, de ces portes qui ne touchent pas le sol (#PerditionDeChaleurEnHiverBonjour), des prises terres qui n’existent pas. Je pourrais vous parler de cette ville qui se veut moderne, mais qui est encore loin de l’être. Enfin, pas moderne dans le sens où on l’entend, nous Européens.

Buenos Aires, ne nous mentons pas, n’est pas une belle ville. Elle n’est pas une ville que je recommande forcément pour des vacances. Mais je connais tellement de personnes, moi inclus, qui sont venus ici pour quelques semaines et qui ont eu du mal à quitter cette ville. Certains ne sont toujours pas partis. On y reste, non pas parce qu’on l’aime cette ville, mais parce que c’est un aimant. On y reste c’est tout. Pas trop dépaysante de l’Europe, mais tellement différente. Intrigante. Quand les gens nous demandent pourquoi on est là et pas en Europe, on répond : « Le temps passe vite à Buenos. » Et c’est vrai.  I’ve got stucked in Buenos Aires, 5 mois, mais j’ai l’impression d’avoir posé mes deux backpacks sous cette pluie torrentielle, il n’y a que quelques jours.

Le soleil et la chaleur reviennent. Il parait qu’ici, l’été est très chaud et humide. Je laisse ses amis que j’ai rencontrés, cette communauté du café qui m’a accueillit, le coeur gros comme ça. Je te souhaite beaucoup de bonne chose Buenos.

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